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« Quand la corrida avance, c’est l’humanité qui recule » : Francis Cabrel

mardi 2 mai 2017, par François Daniel Giezendanner

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Avec sa chanson « La Corrida » sortie en 1994 Francis Cabrel s’inscrit dans la lutte anti-corrida. Dans ce subtil plaidoyer contre la tauromachie Cabrel se met à la place d’un taureau et lui donne la parole pour dénoncer l’absurdité et la cruauté de la corrida. Ainsi le personnage central de la chanson, le « protagoniste », le narrateur, n’est pas un homme, mais le taureau qui doit faire face au toréador et à la foule réunie pour le voir se faire tuer dans l’arène : « je ne pensais pas qu’on pouvait autant s’amuser autour d’une tombe ». Il décrit tout ce qui s’y passe, de l’attente dans le couloir noir à la mort tout en passant par les diverses tortures subies par l’animal. Il entonne avec force et ironie un refrain devenu mythique : « Est-ce que ce monde est sérieux ? ». Par cette phrase Francis Cabrel cherche à nous faire prendre conscience de la mesquinerie et de la lâcheté qui règne lors d’une corrida.

Cette chanson est dans tous les esprits des militants anti-tauromachie et devient leur hymne.

 La Corrida - Francis Cabrel

https://youtu.be/m1ET6SEtwbc


 Proverbe de Francis Cabrel

La citation de Francis Cabrel :

« Quand la corrida avance, c’est l’humanité qui recule »

... garde tout son sens en mode inversé (bossedom.blogspot.ch) :

« Quand la corrida recule, c’est l’humanité qui avance »

Cette citation, tirée de la page « Citations sur la corrida », est une bonne entrée en matière pour éclairer la position de Francis Cabrel sur le thème de la corrida.


 Présentation

Selon Wikipedia :

« La Corrida » est une chanson de Francis Cabrel, incluse dans l’album « Samedi soir sur la Terre sorti en 1994 ». Elle est écrite par Francis Cabrel ; Nicolas Reyes des Gipsy Kings a participé à l’enregistrement pour les chants en espagnol de la chanson. Cette chanson marque l’opposition du chanteur à la corrida.

Selon le livre d’Alain Wodrascka « Cabrel, les chemins de traverse » et repris par Wikipedia Francis Cabrel commence l’écriture des paroles avec « Ce soir la femme du torero / Dormira sur ses deux oreilles » après avoir assisté à une corrida à Bayonne. Il s’arrête sur le chemin du retour afin d’enregistrer sur son dictaphone « Depuis le temps que je patiente / Dans cette chambre noire / J’entends qu’on s’amuse et qu’on chante / Au bout du couloir. ». Enfin, « après trois ans de maturation », il ajoute le leitmotiv « Est-ce que ce monde est sérieux ? ». Au moment de réaliser la maquette de ce titre, au studio Polygone, il fait appel à Nicolas Reyes.


 Refrain : « Est-ce que ce monde est sérieux ? »

Dans cet article (Paroles de La Corrida, Francis Cabrel) où l’auteur, qui entre autres évoque un deuxième sens à la chanson, relève que le refrain de la chanson : « Est-ce que ce monde est sérieux ? » est chanté entre chaque couplet. Par cette phrase Francis Cabrel nous incite à prendre conscience de la mesquinerie et de la lâcheté qui règne lors d’une corrida. Cette phrase est donc répétée deux fois de suite à la fin du cinquième couplet, engageant une conversation (en espagnol) entre Francis et un Espagnol (peut être un toréador). L’homme est joyeux et l’invite à danser, à célébrer la « prouesse » du torero, Francis, lui, n’a pas le cœur à la fête et pense aux autres vies sacrifiées pour le plaisir des adeptes de la corrida.

En fait ce couplet en espagnol est une invitation macabre à danser et tuer, tuer d’autres taureaux, tuer d’autres vies ...

Les dernières paroles de la chanson sont :

Je les entends rire comme je râle
Je les vois danser comme je succombe
Je pensais pas qu’on puisse autant
S’amuser autour d’une tombe
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Si, si hombre, hombre
Baila, baila
 
Hay que bailar de nuevo
Y mataremos otros
Otras vidas, otros toros
Y mataremos otros
Venga, venga a bailar...
Y mataremos otros

La traduction de l’espagnol donne :

Ouais, ouais homme, homme
Danse Danse
 
Vous devez danser
Et tuer d’autres
D’autres vies, d’autres taureaux
Et tuer d’autres
Venez, venez danser ...
Et tuer d’autres

 Citations d’articles

Cette chanson « La Corrida » est une dénonciation de la tauromachie. Ici, Francis Cabrel se met à la place d ’un taureau lors d’une corrida. Il décrit tout ce qui s’y passe, de l’attente dans le couloir noir à la mort tout en passant par les diverses tortures subies par l’animal. La musique commence tout doucement puis démarre vraiment lors du second couplet, amplifiant la sensation étrange de se mettre à la place du taureau (Paroles de La Corrida. Francis Cabrel).

Par sa chanson « La Corrida » sortie en 1994 Francis Cabrel s’inscrit dans la lutte anti-corrida. Il y donne la parole au taureau pour dénoncer alors l’absurdité et la cruauté de la corrida, entonnant avec force et ironie un refrain devenu mythique : « Est-ce que ce monde est sérieux ? » Cette chanson est dans tous les esprits des militants anti-tauromachie et devient leur hymne (VIDÉO - « La Corrida », quand Francis Cabrel se fait artiste engagé).

Voici une Interview de Francis Cabrel sur la chanson « La corrida » par Nikos Aliagas dans l’émission 50’ Inside de TF1 le 15/10/2016. Dans cet interview Nikos Aliagas demande à Cabrel : Elle vient d’où, cette chanson ?...

https://youtu.be/X7XK_qNZDfo

La transcription du dialogue entre Nikos Aliagas et Françis Cabrel (voir aussi l’article Francis Cabrel sur la corrida : « Tout ça pour aller à la torture et en public » cabrel-corrida) donne :

NA : Elle vient d’où, cette chanson ?
FC : Je passe tous mes étés sur la côte landaise et je ne vais donc pas aux corridas sauf qu’un jour quelqu’un me dit « mais quand même, viens avec moi, je vais t’expliquer ».
NA : La tradition…
FC : La tradition… Donc je suis allé dans cette arène, à Bayonne, et en sortant j’étais quand même assez troublé, vraiment mal à l’aise et quelques heures après, la chanson est arrivée.
NA : Est-ce que ce monde est sérieux, c’est une question qu’on peut toujours se poser ?
FC : Ah oui, c’est sûr, mais l’animal, là, du coup, se la pose vraiment parce que c’est à n’y rien comprendre. On l’a élevé dans les meilleures conditions, on en a fait un champion, tout ça pour aller à la torture, et surtout en public, qui plus est.
NA : Vous avez reçu des lettres, des gens qui n’étaient pas contents, j’imagine ? Parce que la tauromachie a aussi ses partisans.
FC : Oui, j’ai eu tous les opposants, les gens qui n’étaient pas contents. Bon, j’admets, on peut en discuter, il n’y a pas de problème. Mais je la chante toujours.

Dans le livre d’Alain Wodrascka « Cabrel, les chemins de traverse », la démarche de Francis Cabrel pour élaborer sa chanson est présentée en détail.

On trouvera également des informations intéressantes dans les livres de Sandro Cassati (Francis Cabrel, un homme vrai, Par Sandro Cassati) et de Pascale SPIZZO (Cabrel par Cabrel, Par Pascale SPIZZO).

La corrida est un subtil plaidoyer contre la tauromachie. Le personnage central de la chanson, le « protagoniste », le narrateur, n’est pas un homme, mais le taureau qui doit faire face au toréador et à la foule réunie pour le voir se faire tuer dans l’arène : « je ne pensais pas qu’on pouvait autant s’amuser autour d’une tombe ». À noter que Francis Cabrel, à titre personnel, n’a jamais fait partie d’une quelconque association dénonçant la tauromachie ou la corrida (Francis Cabrel, La corrida).

Relevons qu’en juillet 2016 les arènes de Nîmes étaient pleines à craquer ce vendredi soir à l’occasion de la venue de Francis Cabrel. Il ne s’est pas démonté en osant sa corrida, bien plus douce que celles proposées dans l’arène pendant les Férias. Une corrida qui a soulevé la foule et fut certainement la chanson la plus applaudie du concert (NÎMES Cabrel ose sa corrida et met les arènes à genoux
Elodie Boschet
).


 Paroles de La Corrida - Francis Cabrel

Depuis le temps que je patiente
Dans cette chambre noire
J’entends qu’on s’amuse et qu’on chante
Au bout du couloir ;
Quelqu’un a touché le verrou
Et j’ai plongé vers le grand jour
J’ai vu les fanfares, les barrières
Et les gens autour
 
Dans les premiers moments j’ai cru
Qu’il fallait seulement se défendre
Mais cette place est sans issue
Je commence à comprendre
Ils ont refermé derrière moi
Ils ont eu peur que je recule
Je vais bien finir par l’avoir
Cette danseuse ridicule...
 
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Andalousie je me souviens
Les prairies bordées de cactus
Je ne vais pas trembler devant
Ce pantin, ce minus !
Je vais l’attraper, lui et son chapeau
Les faire tourner comme un soleil
 
Ce soir la femme du torero
Dormira sur ses deux oreilles
Est-ce que ce monde est sérieux ?
 
Est-ce que ce monde est sérieux ?
J’en ai poursuivi des fantômes
Presque touché leurs ballerines
Ils ont frappé fort dans mon cou
Pour que je m’incline
 
Ils sortent d’où ces acrobates
Avec leurs costumes de papier ?
J’ai jamais appris à me battre
Contre des poupées
Sentir le sable sous ma tête
C’est fou comme ça peut faire du bien
J’ai prié pour que tout s’arrête
Andalousie je me souviens
 
Je les entends rire comme je râle
Je les vois danser comme je succombe
Je pensais pas qu’on puisse autant
S’amuser autour d’une tombe
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Si, si hombre, hombre
Baila, baila
 
Hay que bailar de nuevo
Y mataremos otros
Otras vidas, otros toros
Y mataremos otros
Venga, venga a bailar...
Y mataremos otros

 Sources et documentation

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